Les interventions de David Belliard au Conseil de Paris

 

Intervention de David Belliard relative au budget supplémentaire 2017

le peu d’inscriptions supplémentaires dans ce budget présente, pour premier et principal enseignement, la sincérité des discussions que nous avons lors de la préparation du budget primitif de décembre. Nous collons, on le voit, au plus près de la réalité des projets et actions que nous menons. Les inscriptions nouvelles portent en effet sur un peu plus de 16 millions d’euros en termes de fonctionnement, et 75 millions sur le volet « investissement », soient des montants extrêmement marginaux, comparés à la totalité du budget de la Ville.

En outre, ces inscriptions supplémentaires permettent, pour une partie, d’assurer des missions qui sont pour nous essentielles aux lignes directrices de la politique que nous menons. Elles assurent ainsi des ressources supplémentaires pour le S.T.I.F., pour le renouvellement des chaudières des bâtiments de la Ville. C’est un investissement de 19 millions d’euros, mais qui est le gage d’économies d’énergie à venir, ce dont évidemment nous nous réjouissons. Ou encore, des investissements pour des équipements d’accueil de la petite enfance, dans la droite ligne de créations d’équipements portés lors de la précédente mandature, ou encore du Schéma gérontologique. Soit autant de fonds investis sur des thématiques primordiales en termes de services auprès des Parisiennes et des Parisiens, et d’investissements pour la transition écologique de la Ville.

Nous présentons à cette occasion des propositions complémentaires pour assurer justement la pérennité de services de transport auprès des plus isolés, avec un amendement budgétaire sur les traverses, ainsi que pour la lutte contre la spéculation immobilière, avec plus de moyens pour les contrôles des abus liés aux locations saisonnières, sur les plates-formes locatives de type « Airbnb ».

Enfin, permettez-moi, pour terminer, d’attirer votre attention sur les craintes et interrogations de notre groupe sur la situation budgétaire à venir, car si ce budget supplémentaire ne présente pas de problème majeur, nous savons que la situation future comporte, elle, de nombreux risques en termes notamment de ressources financières.

L’installation du nouveau Gouvernement n’a pas levé l’ambiguïté, ambiguïté qui constitue d’ailleurs la marque de fabrique de la campagne d’Emmanuel MACRON sur le niveau de baisse des dotations, ni sur la nature du « New Deal » avec les collectivités que le Gouvernement entend sceller. Nous avons d’ailleurs interpellé, dans un courrier rendu public, le Ministre de l’Ecologie, Nicolas HULOT, sur les moyens qu’il compte mettre en œuvre pour garantir aux collectivités la poursuite des actions qu’elles mènent sur la transition écologique.

A Paris, nous sommes engagés dans une politique volontariste sur ces questions, et nous en sommes fiers, mais sans soutien de l’Etat, nous aurons toutes les difficultés à garder un cap pourtant essentiel pour l’avenir.

Je profite donc de mon intervention pour réaffirmer deux choses : d’une part, la nécessité que notre Conseil réaffirme son opposition à une politique d’austérité dont l’essentiel de l’effort serait porté par les collectivités ; d’autre part, l’importance de ne pas nous laisser enfermer dans une injonction comptable et idéologique de la seule voie de baisse des dépenses. C’est tout l’enjeu de notre vœu sur l’appel à une réflexion plus large sur des nouvelles recettes pour la Ville que nous déposons dans le cadre de ce débat budgétaire. Nous pouvons optimiser certaines de nos ressources. Je pense par exemple à l’usage privé et commercial de l’espace public, qui fait souvent l’objet de redevances trop faibles. Notre objectif est de desserrer le carcan financier et idéologique dans lequel nous pourrions tomber par facilité.

Je laisserai ma collègue Sandrine MÉES compléter mon propos et présenter en détail les vœux que nous déposons.

Je vous remercie.

Vœu relatif à l’avenir des activités sportives assurées par l’Office du Mouvement Sportif

Monsieur le Maire, ce vœu traduit notre inquiétude sur l’avenir des activités sportives assurées par l’Office du Mouvement sportif suite au rapport de l’Inspection générale de la Ville soulignant la nécessité de séparer les activités sportives des O.M.S. et notre préoccupation de préserver un accès massif à ces activités sportives.

Nous formulons trois demandes simples. D’abord, que les créneaux soient préservés dans les équipements sportifs, que les activités sportives de l’O.M.S. soient intégralement reprises et que les tarifs et les emplois soient maintenus. Ensuite, nous avons deux demandes qui correspondent à un souci de transparence. D’abord que les critères d’attribution des créneaux horaires des équipements sportifs soient débattus et approuvés par le Conseil de Paris et que nous ayons un rapport récapitulant les demandes reçues ainsi que les acceptations et les refus qui ont été émis.

Je vous remercie.

Vœu relatif à la gestion et l’attribution des subventions aux associations par la Ville de Paris

Ce vœu est relatif à la gestion des subventions aux associations de la Ville de Paris. Notre ville est riche d’un tissu associatif très dense qui bénéficie pour une partie d’entre elles du soutien de la ville. Paris compte 65.000 associations qui sont recensées et plus de 2.500 bénéficient d’une subvention de la Ville, principalement dans les domaines de la culture, de l’éducation, de la solidarité et de la santé.

Nous avions demandé une mission de l’I.G.V.P. qui a rendu un certain nombre de points de vigilance, et notamment quatre points qui ont retenu notre attention :

1 – la difficulté d’utilisation de l’interface Sympa qui est utilisée par les responsables associatifs pour déposer leurs demandes ;

2 – les délais de traitement des demandes qui sont souvent perçus comme beaucoup trop longs, 8 mois en moyenne ;

3 – un faible taux de renouvellement des associations subventionnées, qui fait qu’un tiers des associations reçoivent plusieurs subventions :

4 – l’absence d’un véritable contrôle de l’usage des subventions qui n’est pas systématique.

Nous déposons ce vœu avec trois demandes :

1 – le développement de conventions pluriannuelles d’objectifs, ce qui permet aux associations de se projeter et de pérenniser des projets dans le temps ;

2 – l’amélioration des délais de traitement des demandes de subvention par les associations – 8 mois, c’est trop long ;

3 – l’amélioration de l’application Simpa qui permettra un meilleur dialogue entre l’administration parisienne et le tissu associatif.

Je vous remercie.

Vœu relatif aux besoins d’équipement des écoles publiques

C’est un vœu concernant les besoins d’équipements des écoles publiques.

Très rapidement, pour faire à la fois des économies et avoir une action positive pour l’environnement, nous proposons dans ce vœu deux choses : d’abord, que la Ville étudie l’ouverture des marchés d’équipements des écoles à des acteurs de l’économie circulaire et du réemploi et qu’une expérimentation puisse être menée en ce sens avec des écoles qui le désirent dans le 11e et éventuellement d’autres arrondissements volontaires.

Je vous remercie.

 

Intervention de David Belliard relative au retrait de Donald Trump de l’Accord de Paris

Mes chers collègues, oui, la décision de Donald TRUMP de quitter l’Accord de Paris est un coup dur pour la lutte contre le dérèglement climatique. Même si cet accord – cela a été rappelé – est imparfait, il était l’expression d’un consensus international sur la nécessité d’agir plus fortement. Plus qu’un symbole, il marquait un accord sur le constat qui lie les questions du climat avec l’activité humaine et l’absolue nécessité de limiter notre empreinte écologique.

Cette décision de Donald TRUMP, qui rappelle celle du Président BUSH en 2001 sur le Protocole de Kyoto, met une nouvelle fois en évidence la force des intérêts individuels sur ceux de l’humanité tout entière.

Elle rappelle enfin cruellement la puissance du négationnisme climatique qui refuse de voir ce qui se déroule pourtant devant nos yeux : la destruction de notre planète par les activités humaines qui épuisent nos ressources et entraînent des dérèglements qui vont très rapidement devenir, si ce n’est déjà fait, incontrôlables.

Si cette décision fragilise l’Accord de Paris, elle ne le détruit pas. D’abord, parc la décision de Donald TRUMP a été condamnée par la quasi-totalité de la communauté internationale, preuve que la conscience sur le dérèglement climatique avance. De plus, les Etats-Unis ne se réduisent pas à Donald TRUMP, loin de là. Une large part de la société civile est aujourd’hui convaincue et engagée pour répondre aux enjeux environnementaux.

Ensuite, parce que persiste notre volonté d’agir. Cette décision nous oblige à accentuer nos efforts au niveau européen comme au niveau national, où nous ne pouvons plus nous contenter de grands discours, aussi beaux soient-ils. C’est par exemple maintenant que nous devons mettre en œuvre une fiscalité écologique, comme la contribution climat énergie, en mettant fin aux avantages fiscaux d’une autre époque qui favorisent les déplacements en véhicules individuels et en mettant en œuvre la taxe carbone.

De la même manière, nous devons sortir des projets inutiles et coûteux sur un plan humain et environnemental en abandonnant la création de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, du centre de déchets de Bure ou encore, plus proche de nous, d’EuropaCity, ce centre commercial d’un autre temps. Ces projets sont aux antipodes de la société plus sobre et moins consommatrice des ressources et d’énergie que nous devons impérativement construire.

Enfin, cette décision du gouvernement des Etats-Unis nous oblige en tant qu’élus d’une grande métropole. A Paris, vous l’avez rappelé, nous avons une politique particulièrement volontariste sur le sujet, en investissant dans des modes de transport doux et collectifs, en menant une politique d’investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments ou de soutien actif à l’économie sociale et solidaire et à l’économie circulaire. Notre Ville, par son importance à la fois démographique, économique mais aussi symbolique, détient un important levier pour entraîner une action collective. Vous avez raison d’en user, Madame la Maire, notamment par votre action en tant que présidente du C40. D’ailleurs, bien entendu nous partageons votre volonté d’accentuer les collaborations engagées entre notre Ville et les métropoles américaines et mondiales engagées dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

Mais nous devons aller encore plus loin et penser notre action comme systémique. En effet, il faut aussi changer la logique d’un système qui produit de graves déséquilibres. Ce sont ces raisons qui poussent notre groupe à vouloir par exemple réduire nos collaborations avec les banques travaillant dans des paradis fiscaux, ces mêmes paradis fiscaux qui permettent à des sommes énormes d’échapper à l’impôt, donc à la contribution aux investissements nécessaires à l’intérêt général. De la même façon, notre Ville ne doit plus collaborer avec des entreprises qui ont des activités à forte émission de carbone ou qui sont extrêmement polluantes. Nous ne pouvons plus continuer à offrir une bonne image à des entreprises qui, cachées par le voile de l’ignorance ou de la distance géographique, participent à la destruction de notre humanité.

Plus que jamais, nous sommes déterminés à agir. Malgré les données affolantes sur la dégradation de notre environnement qui nous parviennent chaque jour, malgré la certitude qu’il nous faudrait agir massivement, tout de suite, pour éviter le pire, nous savons bien en tant qu’écologistes que cette lutte s’inscrit dans un temps long. Elle nous dépasse et aujourd’hui comme demain, il est de notre responsabilité de ne jamais baisser les bras.

Je vous remercie.

Subventions à neuf associations pour le financement d’actions de lutte pour l’égalité des droits et contre les discriminations à l’égard des personnes LGBT.

Si cette délibération peut paraître banale, et notre groupe la votera, elle mérite malgré tout que l’on s’y arrête, car elle s’inscrit dans un contexte de recrudescence de l’homophobie en France comme à l’international.

Comment ne pas évoquer ici la Tchétchénie, où tout indique que la traque des homosexuels se traduit par la création de véritables camps de détention. J’en profite pour rappeler notre soutien à la demande d’une enquête indépendante formulée par plusieurs organisations internationales, dont Amnesty.

L’une des subventions que nous votons aujourd’hui est d’ailleurs attribuée à « l’Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour », qui travaille à la défense des droits à l’entrée, au séjour, à l’asile, et à l’intégration d’étrangers homosexuels et transsexuels.

A l’instar de ce qu’il se passe en Tchétchénie,  de nombreuses personnes sont contraintes de quitter leur pays natal en raison de leur orientation sexuelle. A ce titre, la France a accueilli la semaine dernière le premier réfugié homosexuel tchéchène sur son sol, son témoignage à la télévision nous a rappelé la violence de l’homophobie quand elle est instituée comme une politique nationale.

Mais l’homophobie concerne aussi la France dans son expression quotidienne, parfois dans des médias à très forte audience. Ainsi, dans l’émission de HANOUNA dont les débordements homophobes sont connus et pointés depuis un travail de longue haleine effectuée par « l’Association des journalistes LGBT ». Ce présentateur a de nouveau provoqué un tollé légitime en orchestrant une blague homophobe et particulièrement méprisante.

Je constate qu’encore aujourd’hui, malgré la persistance chez cet animateur et dans cette émission d’actes homophobes, la chaîne C8 et son propriétaire BOLLORÉ n’ont effectué aucune mesure coercitive.

Pourtant, ce sont ces mêmes cadres et ces mêmes journalistes qui s’accordent sur la qualité du film « 120 battements par minute » au Festival de Cannes, qui est venu nous faire un rappel salutaire sur l’importance du militantisme LGBT dans la lutte contre le Sida.

Cette émotion manifestée par celles et ceux qui ont vu ce film récompensé au festival, nous rappelle deux choses. D’abord, que l’histoire et la culture du militantisme LGBT, militantisme communautaire s’il en est, ont eu un intérêt majeur pour l’avancée des droits des personnes LGBT. Nous devrions nous en inspirer avant de créer des débats inutiles et particulièrement déplacés sur l’organisation d’initiatives s’inscrivant dans cette culture militante et politique.

Enfin, plus que jamais, pour  lutter contre l’homophobie et pour l’égalité des droits, un centre des archives LGBT serait une avancée essentielle. C’est aussi par le rappel de l’histoire, la recherche, les échanges autour de cette culture militante, philosophique, artistique et politique que nous pourrons avancer encore plus sur le chemin de l’égalité dans le droit, mais aussi dans les faits. J’en profite donc pour rappeler le soutien de notre groupe, sans faille, à ce projet.

Je vous remercie.

 

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