Les interventions de Joëlle Morel au Conseil de Paris – Décembre 2016

 

Intervention Joelle sur DU 377 – Chemin Vert

Conseil de Paris – Décembre 2016

Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Ma prise de parole sur cette délibération sera brève.

Premier point, sur ce projet aussi, nous sommes au cœur d’un ilot déjà bien dense, à quelques  centaines de mètres du TEP Ménilmontant, mais surtout du futur projet prévu sur son emprise, qui densifiera encore le quartier, et dont nous avons bien parlé lors d’un conseil récent. Nous maintenons évidemment notre position, ces projets sont trop intenses, et ne participent pas, à notre avis, à apaiser Paris et ne répondent pas aux attentes des habitants.

Là encore en tant qu’élue dans le 11e aux espaces verts et à la biodiversité, je regrette que ce morceau de parcelle, occupé actuellement par 18 boxes de parking ne soit pas récupéré pour créer un espace vert supplémentaire pour les habitants de ce quartier.

Deuxième point, je souhaite revenir sur le processus de transformation et de construction sur  cette parcelle.

Lors du dernier conseil de quartier Belleville Saint Maur, qui s’est réuni exceptionnellement dans une école très éloignée de l’avenue de la République, un groupe important de propriétaires de cette parcelle s’est déplacé pour exprimer un certain nombre de réserves concernant la construction de ce nouvel immeuble par Paris Habitat.

La plupart des interventions de ces personnes ne remettaient en cause ni la construction de la crèche, ni les logements sociaux, mais venaient dénoncer l’absence d’information et de concertation avec  la ville, mais aussi l’omission du promoteur immobilier qui ne les avait pas informés de la construction en fond de parcelle  de ce nouvel immeuble.

En tant qu’élue municipale, conseillère de Paris,  je suis, comme vous,  élue pour être au service  de l’ensemble des parisiens et parisiennes : être à l’écoute des locataires et des propriétaires.

Nos mandats d’élus nous donnent la responsabilité de contribuer, dans la mesure de nos moyens, à anticiper et réduire les tensions, régler les conflits.

Notre ville nous appartient à tous, c’est une idée de base fondamentale dans la pensée écologiste de l’urbanisme.

Construire sans concertation et sans essayer de créer un consensus avec les habitants, qui seront, je le rappelle, les premiers concernés, ça n’est pas la vision que nous avons du développement de Paris, et ce n’est pas une manière de réduire les tensions entre habitants.

Nous nous abstiendrons donc sur cette délibération.

Intervention Joelle sur DU 327 – Vaucouleurs

Conseil de Paris – Décembre 2016

Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Ce Conseil est encore l’occasion d’adopter de nombreuses délibérations concernant la construction de logements sociaux.

Vous le savez, le Groupe Écologiste milite depuis toujours activement pour la progression du parc social à Paris, notamment dans les arrondissements qui sont déficitaires, afin qu’ils atteignent progressivement le taux de logements sociaux requis par la loi.

Mais cet accord général de fond continue de se heurter sur des projets en particulier.

Paris a des objectifs de création de logements très ambitieux, que nous avons portés depuis de nombreuses années déjà.

Mais ces efforts de construction doivent avoir avant tout un objectif : ils doivent améliorer et conforter la qualité de vie des parisiens. Cette position de principe soulève la question suivante : sommes-nous vraiment obligés de construire partout, même dans des lieux déjà très denses, si nous estimons que cela impacte la qualité de vie des parisiens ?

En l’occurrence, le projet de construction présenté dans cette délibération est situé dans un quartier déjà très dense, ce qui peut parfois être source de problèmes unanimement déplorés.

Un plan climat est prévu sur ce groupe, et nous l’avons voté des deux mains.

Mais nous ne partageons pas la nouvelle ambition portée par HSF pour cet ilot, qui nous apparait concordante avec la volonté que nous rejetons de « rationnaliser » chaque espace libre.

Selon HSF, « la construction en cœur d’ilot apportera une réelle amélioration du cadre de vie existant grâce au réaménagement du hall de la rue Morand qui sera traversant entre la rue et le jardin permettant un accès favorisé pour les locataires existants vers le jardin, ce qui n’est pas le cas actuellement ».

Nous trouvons cette idée de créer un accès vers le jardin très bonne, et y sommes tout à fait favorables. Mais l’ilot en question comprend déjà 60 logements, est-il vraiment raisonnable d’en ajouter encore ?

Ensuite, ce cœur d’ilot libre est, selon HSF, « peu qualitatif et inutilisé par les locataires existants, à cause d’un accès peu approprié et un traitement ne valorisant pas l’espace ». Nous constatons que si cet espace n’est pas utilisé, ce n’est pas car les habitants ne le veulent pas, mais parce que le bailleur n’a pas jugé utile de le rendre accessible.

La logique choisie par HSF est donc de dire : puisque l’espace n’est pas accessible, alors comblons-le !

Mais pourquoi ne pas voir la situation dans l’autre sens ? Au lieu de combler cet espace vide, pourquoi le bailleur n’essaye pas de le valoriser afin de le rendre accessible et agréable pour les locataires, au lieu d’y construire des bâtiments ?

Le quartier, pour 27 000 habitants et 37 hectares ne possede qu’un petit square de 1 750 m² ! Ce qui fait qu’évidemment le square en question est très souvent sur-occupé, les agents de la DEVE  le décrivent eux même comme un square surpeuplé !

Les Parisiens ont un besoin viscéral d’avoir accès à davantage d’espaces verts, de plus d’espace tout court.

Nous redisons ici notre opposition à des choix d’urbanisme qui grignotent les quelques espaces de respiration qui existent encore au cœur de quartiers denses.

Ces espaces sont une chance. Nous voulons qu’ils soient exploités et qu’ils puissent bénéficier aux habitants, au lieu d’être « optimisés » à tout prix.

Alors, je vous le demande encore une fois : réservons  les quelques arbres, les jardinières, les espaces verts qui existent, pour les habitants, qui sont en demande, mais aussi car ils permettent  une infiltration de l’eau et qui permettent de lutter contre  les ilots de chaleur.

Par ailleurs, il serait logique que les 200m² de toitures végétalisées prévues accueillent un projet d’agriculture urbaine, comme je l’ai déjà dit en conseil d’arrondissement.

Pour terminer, je le redis sur ce projet, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici pour d’autres : faisons attention lorsque nous ajoutons de la densité, réfléchissons bien aux conséquences sociales, et environnementales, et sur la qualité de vie des parisiens. 

Pour nous, ce projet est une nouvelle fois inadapté avec les besoins et les attentes des habitants de ce quartier. Nous voterons donc contre cette délibération.

DAE  25 et 27 Marche de la création  Bastille

Conseil de Paris – Décembre 2016

Deux délibérations traitent des marchés de la création : celui  d’ Edgar Quinet et celui  de Bastille.

Nous avions déjà évoqué  l’organisation ces deux marchés au début de mandature  en  novembre 2014.  J’avais demandé alors qu’une information et une concertation  soient engagées avec les artistes sur les conditions  pour pérenniser le marché Bastille  puisque  celui-ci  connaissait une fragilité économique . Malheureusement, l’activité ne s’est pas améliorée depuis.

A cette difficulté du marché Bastille ,  cette  délibération nous demande aujourd’hui  d’approuver  le nouveau règlement  mais surtout  une augmentation  des droits de place des exposants :  une revalorisation  des tarifs des droits de place des exposants  des marchés de la création de 10% pour les abonnées  et de 40% pour les volants.   Les volants sont  les artisans et les artistes qui ne veulent pas , ne peuvent pas,  en raison de leur grande précarité  s’engager à venir  régulièrement sur le marché. Cette augmentation des tarifs est pour eux  trop lourde.

Ces deux délibérations  crispent  les relations entre la Ville et le marché Bastille   puisque  aujourd’hui une pétition circule  qui exprime  la crainte  des exposants  actuels  de voir disparaitre le marché Bastille . La situation économique  d’un grand nombre  d’ artistes et artisans  à Paris  est préoccupante. Nombreux sont celles et ceux qui  n’ont pas assez de ressources pour avoir un atelier à Paris , ni même en banlieue. Ils travaillent donc  chez eux et ont peu d’occasion pour donner à voir leur travail.  Le marché est une des rares possibilités de vendre  leurs œuvres.

A l’heure ou la ville de Paris   s’est engagée sur la réaménagement des places  en en particulier celle de la Bastille, ou nous proposons la mise  en place de collectif  pour penser , imaginer, organiser  des  nouveaux usages  éphémères sur les places ,   je souhaite au nom du groupe Europe Ecologie  que ce marché,  puisse être partie prenante  de l’aménagement de la place et de ses alentours .  Un travail  de concertation avec  le marché de la création est indispensable pour  leur redonner confiance et pour   redynamiser  son activité. Prendre en compte par exemple  leur demande concernant l’élaboration d’une  signalétique et d’une communication  pour donner plus de visibilité  serait une première étape.

Cette nouvelle perspective  redonnerait   vie et force à ce marché qui fonctionne  correctement à Edgar Quinet  dans le 14ème , pourquoi pas à Bastille ?

Dans l’attente  d’une meilleure concertation , le groupe écologiste s’abstiendra sur ces deux  délibérations

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s