De la place de la publicité dans l’espace public

decaux_mpmNous avons voté contre une délibération portant sur le « Droit d’occuper le domaine de la Ville de Paris (à l’exception du mobilier urbain, des murs et des clôtures) pour y exploiter de l’affichage publicitaire sur les palissades, échafaudages, panneaux de protection, barrières, dépendances de chantiers relatifs à des travaux sur le domaine public routier – Convention d’occupation du domaine public Autorisation-signature »

David Belliard a expliqué ainsi notre vote :

« Cette délibération repose la question de la publicité dans l’espace public. C’est un marqueur de la manière dont nous percevons la ville et notre rapport aux incitations à la consommation.

Les écologistes se sont battus depuis de nombreuses années pour réduire la place des messages publicitaires privés dans l’espace public. C’est pour nous une pollution visuelle, qui mérite d’être combattue comme d’autres formes de pollutions. La publicité nuit à la valorisation du patrimoine de la Ville, et donc à son attractivité touristique, tandis que la luminosité excessive qu’elle génère la nuit a des impacts négatifs sur la faune et la flore urbaine.

Nous avons accompagné la lutte contre la publicité et contre les sociétés qui les portent et en tirent un profit très important. Je sais que sur ce sujet, nous sommes souvent très seuls.

Alors oui cette délibération qui propose un renouvellement de concession de la convention d’occupation du domaine public porte un certain nombre d’améliorations par rapport à la convention précédente. Toutefois, au moins deux points problématiques méritent d’être soulignés :

  • la convention prévoie une durée d’exploitation de 13 ans pour permettre l’amortissement des investissements. Ce délai est trop important, surtout pour une simple convention de renouvellement. Elle soustrait l’opérateur à toutes contraintes supplémentaires initié par toute modification du DLP jusqu’en 2028. Elle lie d’une certaine façon la ville à un acteur privé pour une durée à notre sens trop importante.
  • la convention ne précise pas les modalités d’exploitation des panneaux notamment sur la question de la consommation électrique. Quid des restrictions d’éclairages et d’utilisation des panneaux déroulants pendant la nuit ? Un seul panneau de 8m2 déroulant éclairé toutes les nuits, ce qui respectent le cadre de les conventions proposés, consommera près de 2570 kwh sur l’année pour un coût de plus de 250 000 euros. Cette surconsommation va à l’encontre des objectifs affichés en terme de réduction de la consommation énergétique de la ville dans un contexte où la France s’apprête à présider la prochaine conférence internationale sur le climat et que la Maire de Paris a fait de la sobriété énergétique et de la baisse des émissions de gaz à effet de serre une des priorités de son mandat.

Nous sommes persuadés que ces deux préoccupations, qui pointent à la fois un souci de bonne gestion et de sobriété dans la consommation énergétique, sont partagées par cette assemblée.

Nous pensons donc que cette délibération ne peut pas être acceptée en l’état, et qu’elle nécessite d’être amendée, et, plus largement, qu’elle appelle à une réflexion sur le modèle économique lié aux conventions d’occupation de l’espace public. C’est pourquoi nous voterons contre cette délibération. »

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